Artémisia
est née en 1969 près de Santiago du Chili, séparée
de ses parents assez tôt, elle quitte le continent américain
pour l’Europe avec la première famille
(1)
à qui elle sera confiée . Elle s’enfuira trois fois et
réussira même à passer plusieurs frontières avant
d’être reconduite vers ses ‘parents adoptifs’. En
1982 elle sera replacée dans une famille Anglaise qui vit sur la côte
bretonne. Elle s’échappe une dernière fois en 1985 et
s’installe avec deux déserteurs israéliens dans la banlieue
de Milan avant d’aller en Roumanie. On ne la verra réapparaître
qu’en 1993 à Victoria en Espagne parmi les présumés
auteurs d’une attaque à main armée
(2).
1 : Nestor et Camille Olagay, partisans,
parmi ceux qui dénoncèrent les activités passées
des parents d’Artémisia et qui devant leur culpabilité
ne trouvèrent d’autre solution que d’essayer de rendre
la petite heureuse. Mais ils la séparèrent de son frère
qui à l’époque se battait encore pour ses convictions.
2
: Les Quatre autres personnes interpellées seront toutes arrêtées
ou tuées dans les deux années qui suivirent cet incident, trois
d’entres elles étaient des indépendantistes Basques.
3
: Artémisia voyagera énormément pendant cette période,
elle commence à travailler pour le compte d’agences immobilières
de prestige et vend des appartements de luxe à travers le monde. Elle
Abandonnera ses études et fera de ce commerce sa principale activité
en 1997.
4 : Introduction à
la version électronique du livre de Chi. (Haliert, 2004)
Artémisia
Maddu Ocsha,
Pierre Win, 2003 (4)
Elle sera relâchée après
la garde à vue, c’est la seule fois qu’elle aura affaire
à la justice. Elle fait des études politiques à Barcelone
(3)
et vient finalement s’installer à Paris en 1998.
C’est en 2001 qu’elle
commencera à se manifester auprès des maisons d’édition
en proposant son travail de traduction et de recherche autour du livre
de chi.
Treize cent trois.
Elle se tenait debout au bord du lac. Elle regardait le bateau de
Xvien revenir doucement vers la plage. C’était cet endroit de
la côte, pas loin des petites îles où
la forêt s’avançait dans la
mer. Il n’y avait qu’eux qui
vivaient là. On les avait chassé
du village, elle, et son frère.
[…] Elle s’agenouilla doucement. Assez pour avoir les
genoux qui touchent l’eau.
Les petites vagues mouillaient
sa robe. Elle laissait traîner ses mains
sur la surface en regardant le ciel quand son corps s’affaissa
et que sa tête heurta une pierre, les bras pliants, elle se couchait,
son corps trempait dans sa tache de sang.
Tout
ce que j’arrive à imaginer c’est ce temple qui a du être
là, creusé au cœur de l’île. Ils vénéraient
un sanctuaire, peut être même le tombeau d’un de leurs héro
dont on se souvient de temps en temps le nom. Moi je sais où je suis.
Je respire
Je ne sais pas combien de Lieux
Ni de temples
Il faut les compter
Il faut les détruire
Alte kaal
Al-khadhulu
Tande pitziuve
Kalter
A Chi
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